L’application Canal+ change de visage. Le 8 octobre 2026, lors d’un événement baptisé « App Canal+ 2026 », le groupe a présenté quatre nouveautés destinées à modifier la façon dont ses abonnés cherchent et regardent un programme. Toutes ne sont pas encore déployées, mais deux d’entre elles arrivaient déjà sur les écrans dans les jours qui ont suivi l’annonce.

Au-delà du lifting, l’intérêt de cette version de l’application Canal+ est ailleurs : elle montre comment une plateforme de télévision payante réagit à la concurrence des formats courts et des moteurs de recommandation. Voici ce qui change concrètement, et ce qui relève encore de la promesse.
Les quatre nouveautés de l’application Canal+
D’après The Media Leader, qui couvrait la présentation du 8 octobre, et Univers Freebox, le chantier se répartit en quatre briques.
1. « Feed » : une page d’accueil en mouvement
La page d’accueil de l’application Canal+ devient un carrousel de bandes-annonces, d’extraits et de clips vidéo, sélectionnés chaque jour par les équipes éditoriales. L’idée est simple : remplacer la grille de vignettes fixes par de la vidéo qui se lance. C’est une réponse directe à la façon dont les plateformes de streaming retiennent l’attention sur leur écran d’accueil.
2. « Scroll » : le format vertical arrive sur le téléviseur
Dans l’application Canal+, « Scroll » est un lecteur vertical de formats courts : extraits de films et de séries, moments forts sportifs, contenus exclusifs. Particularité notable, il fonctionne sur smartphone comme sur téléviseur. Le défilement vertical sur un grand écran reste un pari, mais il traduit une conviction désormais partagée par tout le secteur : le clip court n’est plus réservé au mobile.
3. Une recherche en langage naturel
La fonction la plus utile au quotidien est peut-être la nouvelle recherche de l’application Canal+, construite avec la technologie d’OpenAI. Elle accepte des requêtes formulées en langage courant et renvoie des programmes effectivement inclus dans la formule de l’abonné. Canal+ insiste sur un point : ce n’est pas un assistant conversationnel. On ne discute pas avec lui, on lui décrit ce que l’on cherche.
Cette précision compte. Une recherche qui ne propose que des contenus accessibles avec votre abonnement évite la frustration classique des catalogues : trouver le bon titre, puis découvrir qu’il faut payer en plus.
4. Des calendriers sportifs avec mode « anti-spoil »
Quatrième brique : des calendriers sportifs couvrant chaque événement de sept jours avant à dix jours après, avec scores en direct, statistiques et classements. Surtout, un mode « anti-spoil » activable dans les réglages masque les résultats dans toute l’application Canal+. Pour quiconque regarde un match en différé le lendemain, c’est une fonction attendue depuis longtemps.
Application Canal+ : ce qui est déjà disponible
Dans l’application Canal+, il faut distinguer l’annonce du déploiement. Univers Freebox indique que deux éléments étaient déjà en cours de diffusion : le nouveau carrousel d’accueil et la recherche enrichie par l’IA. Pour « Scroll » et les calendriers sportifs, aucune date n’a été communiquée.
Autre nuance importante : l’application Canal+ est déployée dans près de cinquante pays, et chaque marché activera les nouveautés à son propre rythme. Un abonné en France ne verra donc pas forcément la même interface qu’un abonné ailleurs, au même moment.
Le volet gratuit : une plateforme financée par la publicité
En parallèle de l’application Canal+, le groupe a lancé le 9 octobre 2026 en France une plateforme sportive gratuite, financée par la publicité et ouverte aux abonnés comme aux non-abonnés. Elle couvre huit compétitions et propose une fonction de multi-direct permettant de suivre plusieurs rencontres simultanément sous forme de vignettes.
Un point mérite d’être dit clairement, car il est facile à mal lire : regarder une rencontre en intégralité et en plein écran suppose un abonnement payant. Le gratuit donne accès au multi-direct et aux contenus publicitaires, pas à l’intégralité des matchs. C’est une passerelle commerciale, pas une offre de substitution.
Pourquoi cette refonte arrive maintenant
Les chiffres avancés lors de la présentation éclairent la stratégie. Le groupe revendique 20 milliards de vues en 2026 sur les réseaux sociaux, soit le triple de son niveau de 2023, ainsi que 100 millions d’abonnés sociaux et 500 millions d’interactions. Il déclare investir plus d’un milliard d’euros par an dans la technologie, avec 6 000 spécialistes, et compte 42 millions d’abonnés dans 70 pays après le rachat de MultiChoice.
Autrement dit, une partie de l’audience de Canal+ se construit désormais hors de sa propre application, dans des formats courts et gratuits. Rapatrier cette attention dans l’application Canal+ — via « Scroll », via la page d’accueil vidéo, via une plateforme gratuite qui sert de vitrine — est la logique qui relie les annonces entre elles.
Ce que cela change pour vous, concrètement
- Si vous cherchez mal vos programmes : la nouvelle recherche est le gain le plus immédiat, à condition qu’elle soit déjà active sur votre compte.
- Si vous regardez le sport en différé : le mode anti-spoil vaut à lui seul un détour dans les réglages, dès qu’il sera déployé.
- Si vous détestez les accueils animés : une page d’accueil qui lance des vidéos ne plaira pas à tout le monde, et rien n’indique qu’elle sera désactivable.
- Si votre connexion est juste : davantage de vidéo en lecture automatique signifie davantage de données consommées, sur mobile comme sur téléviseur.
Ce dernier point est souvent le vrai facteur limitant. Une interface plus riche met en évidence les faiblesses du réseau domestique plutôt que celles de l’application. Si vos lectures saccadent, le problème est généralement en amont : nos repères pour configurer correctement un téléviseur connecté traitent du placement du boîtier, du Wi-Fi et du câble.
À suivre dans les prochains mois
Trois indicateurs diront si la refonte de l’application Canal+ tient ses promesses : la date réelle d’arrivée de « Scroll » et des calendriers sportifs en France, la qualité des résultats de la recherche IA sur des demandes vagues, et la possibilité ou non de revenir à une page d’accueil statique. Aucune de ces réponses n’est publique à ce jour.
En attendant, l’application Canal+ reste ce qu’elle était : un service payant dont l’interface s’améliore. Si vous comparez les solutions pour regarder la télévision sur vos écrans, notre guide d’utilisation d’un service IPTV explique le fonctionnement général, et les formules KenoIPTV sont consultables si un abonnement légal entre dans votre réflexion. KenoIPTV est un service payant et indépendant de Canal+ ; cet article rend compte d’une annonce et ne constitue pas un test comparatif.



